Starboard, planches de salut

Starboard, planches de salut

POSITIVE

STARBOARD

Planches de salut

Christophe Chommeloux

4 octobre 2019

Le Taco Lake, situé à seulement quelques minutes de Bang Na ou de l’aéroport de Suvarnabhumi, est un paradis pour les amateurs de sports nautiques, qui peuvent échapper à la frénésie de la ville et s’adonner au wakeboard ou au paddle surf dans un cadre paisible. C’est également là que Svein Rasmussen a installé sa société écoresponsable, Starboard.

Créée en 1994 par ce champion du monde de planche à voile et compétiteur aux Jeux olympiques, Starboard fabrique non seulement des équipements de sports nautiques de haute qualité, comme les planches à voile ou les paddleboards Tiki, mais s’engage également de multiples manières dans la protection de la nature en général et des océans en particulier.

« Depuis 25 ans, nous créons les planches les plus performantes et les plus récompensées de notre planète bleue, tout en amenant toujours plus de personnes aux sports nautiques, » résume Svein pour Latitudes. « Nous aimons l’esprit qui accompagne ce processus incroyable, les compétiteurs qui remportent des récompenses sous nos couleurs et le public qui profite de la nature de la meilleure façon possible. Fort de son succès, Starboard est toutefois devenu un pollueur majeur dans notre secteur, malgré l’arrêt du plastique à usage unique et l’introduction de l’énergie solaire. Conscients de nos responsabilités comme de nos compétences, nous avons à cœur de faire émerger une culture qui aborde les affaires de manière différente.

Après toutes ces années consacrées à la pratique sportive, notre nouvel objectif se situe au-delà du sport. Il consiste à appréhender à quel point les sports nautiques peuvent contribuer à la meilleure santé des océans, en particulier les planchistes sont les mieux placés pour veiller sur les espaces marins.

Et la situation actuelle des océans est catastrophique. Nous le constatons tous les jours en pagayant. Nous collectons 1,4 kg de déchets plastiques sur les plages situées autour de notre centre d’essais en Thaïlande pour chaque planche que nous vendons. Cette année, nous éviterons, avec votre aide, l’introduction de 43 millions de grammes de plastique dans les océans. Il s’agit d’un premier pas, comme la plupart des étapes pionnières. Nous essayons de former des équipes d’ambassadeurs des océans en contact avec différentes structures et nous essayons de développer une réelle mobilisation. »

En tant que société, Starboard tente de s’associer sur des questions environnementales avec d’autres organisations, comme c’est déjà le cas avec Parley for the Oceans, Trash Hero, Sustainable Surf, 5 Gyres et Watertrek. Ensemble, ils apprennent et élargissent leur audience, accroissent leur influence et leur visibilité dans la bataille en cours pour faire de nos océans et de notre planète un endroit plus propre et plus sain pour l’humanité.

Le Plastic Disclosure Program a aidé Starboard à mesurer leur empreinte plastique et la société a ainsi financé un programme de compensation destiné à valoriser les plastiques ramassés sur le littoral thaïlandais avec des fonds provenant d’une taxe interne sur les plastiques. Par ailleurs, la société a adopté la certification B Corp, rejoignant son organisation dans une déclaration d’interdépendance pour envisager une économie mondiale qui utilise les entreprises comme « une force pour le bien ! ».
Leur voix porte désormais jusqu’à de grands conglomérats thaïlandais comme SCG, et même auprès du gouvernement. Des réunions sont organisées avec la nouvelle équipe aux Finances, profitant de l’occasion offerte par la nouvelle structure des Démocrates actuellement en charge de l’Agriculture et des Finances, afin de proposer des réductions d’impôts aux entreprises œuvrant à devenir climato-positives et, en tant que conseillers, ils tentent d’accélérer la mise en place des nouvelles réglementations…

Avec SCG, ils viennent de signer un protocole d’accord relatif à un programme éducatif complet et sensibilisent en permanence les entreprises, telles que les organisateurs d’événements, à s’activer contre le changement climatique.
« Nous voulons attirer l’attention sur le fait que les crises climatiques proviennent en partie de la déforestation. Nous devons régénérer les forêts pour les difficiles années à venir. Les arbres marins et les mangroves jouent un rôle important, dans la mesure où elles absorbent plus de CO2 que tout autre, tout en contribuant au nettoyage de l’océan et en protégeant les villages côtiers des fortes tempêtes. »

Tous les membres de l’organisation Starboard, des ouvriers aux concepteurs en passant par les compétiteurs, sont encouragés à participer aux efforts pour l’environnement, qu’il s’agisse de collectes de déchets en Thaïlande, du suivi de leurs crédits aériens dans le cadre de l’achat de compensation carbone à l’échelle de l’entreprise, ou de… planter!

Starboard-11
Starboard 5 ©-Mayar-Rasmussen
Starboard 6

« Un arbre de mangrove peut compenser 6 à 10 fois l’empreinte carbone d’une planche et nous collaborons à replanter un milliard d’arbres de mangrove au cours des 10 prochaines années, notamment dans le cadre de notre projet pilote au parc climatique Thor Heyerdahl. Une opération visant à absorber chaque année des émissions de CO2 équivalentes à celles d’un pays comme la Norvège…  »

Le parc climatique Thor Heyerdahl est situé au centre de recherche de l’Université Pathein à Ma Gyi, dans le Delta de l’Ayeyarawaddy, au bord de la baie du Bengale. Le parc comprend une banque génétique de mangroves et un grand parc de réhabilitation de 730 hectares permettant d’absorber 2,7 millions de tonnes de CO2 et faisant office de bouclier protecteur auprès des communautés côtières vulnérables, permettant de sauver des vies et de protéger les biens contre les intempéries, tout en créant un développement durable avec des moyens de subsistance alternatifs qui favorisent la réduction de la pauvreté.

Le parc a été créé à la suite de recherches sur la restauration des mangroves menées par la Worldview International Foundation en 2012, en coopération avec l’Université Pathein et le ministère de la Conservation de l’environnement et des Forêts. Le projet constitue un modèle pour la restauration de la mangrove au Myanmar, qui doit surmonter la disparition d’un million d’hectares depuis 1980. Un modèle de développement global basé sur la biodiversité est actuellement mis en œuvre. Il associe plantation à grande échelle de mangroves et protection de la faune, en particulier les dugongs et les éléphants, parmi les animaux les plus menacés.

« Notre objectif initial est de planter 100 millions d’arbres de mangrove et d’autres à planter dans des parcs plus vastes. Au Myanmar, les terres disponibles peuvent accueillir plus d’un milliard d’arbres de mangrove, avec un impact tangible sur les défis du développement mondial comme local. Pour atteindre cet objectif, nous plantons une mangrove par planche vendue. Chaque arbre compensant 1 tonne de CO2 en 20 ans, chaque planche présente une empreinte carbone nette 10 fois positive. »

En effet, selon Svein, pour une entreprise investie dans le développement durable, il ne suffit peut-être plus de simplement réduire les émissions de plastique et de CO2, mais de présenter une empreinte positive, puis plusieurs fois positive !

« Nos collaborateurs chez Starboard, nos ‘écoéquipes’ et nos ‘écopartenaires’ nous ont aidés à développer cette série de programmes pour devenir positifs en carbone », conclut Svein. « Désormais, nous travaillons à la compensation des émissions passées et prévoyons également de devenir 10 fois plus positifs, afin de redonner toute sa vitalité à notre belle planète bleue. »

Starboard 9
No Comments

Post A Comment