BCIS, stimulateur de haut vol

BCIS, stimulateur de haut vol

ÉDUCATION

BCIS:

stimulateur de haut vol

Caroline Laleta Ballini

1er Octobre 2019

L’école BCIS (Berda Claude International School) souffle ses 2 premières bougies avec près de 450 élèves. Avec l’ouverture le 3 septembre du nouveau campus de la Phase III du projet, Laurent Minguely, son fondateur partage avec nous son exceptionnelle vision de l’école moderne, la découverte de tous les espaces uniques en leur genre et son profond respect des élèves.

Laurent, que vous ont appris ces 2 premières années ?
Une école privée nécessite aujourd’hui un standard minimum. Une petite école à Phuket ne répond plus à toutes les attentes des parents et ce qui reste valable pour le primaire ne l’est pas pour le secondaire, d’où la construction de ce nouveau campus. Les parents pensent d’abord à la sécurité et à la convivialité d’une petite école, mais dès qu’on atteint le secondaire, les résultats, les performances des professeurs et la préparation aux grandes écoles priment, ce qui induit une dimension d’école complètement différente.

Vous entrez dans la cour des grands, comment vous distinguer des autres écoles internationales de Phuket ?
Tout d’abord ma vision s’est modifiée. Ma première phase de réflexion prenait en compte des écoles référence pour le positionnement de BCIS, mais je me suis rendu compte que le plus important était notre identité et nos actions propres. Oui, il faut un minimum de standard en tant qu’établissement scolaire,
mais ce qui compte réellement c’est ce que nous y réalisons.
Cette année, il était encore trop tôt pour que BCIS soit considérée comme une grande école. Nous sommes flattés que les parents nous aient demandé d’en devenir une rapidement. Il a donc fallu accélérer un peu la cadence dans le renforcement des équipes pédagogiques, de façon à ne pas décevoir les parents qui se projettent et ceux qui vont nous rejoindre. Pour nous différencier, nous nous intéressons à toutes les écoles du monde et y puisons toutes les bonnes idées et les fonctionnements forts et positifs, afin de réaliser un puzzle qui fera de BCIS une réussite.

Vous êtes la seule école à offrir 2 programmes d’études, français et anglais…
Une école privée a besoin de rentrées suffisantes pour payer les infrastructures et les professeurs. J’ai dû réfléchir à tous les leviers possibles pour assurer notre progression. Le plus apparent était de se révéler la première et la seule école en Thaïlande capable de réunir sous le même toit le curriculum anglais de Cambridge et le programme français. Depuis le début, Cambridge nous a accrédités pour le primaire et depuis juin pour le secondaire. Pour la partie française, le ministère français de l’Éducation nationale nous a accrédités pour le primaire le mois dernier.

L’ambassade de France vient d’ouvrir sa seconde campagne de bourses jusqu’au 20 septembre et cela vous concerne.
Oui, mais aujourd’hui nous ne pouvons que relayer l’information transmise par l’ambassade de France. Notre communication auprès des parents reste prudente, car nous venons juste d’entrer dans le réseau de l’AEFE qui regroupe 500 écoles dans le monde.

Comment aider les Français à faire un choix sur la langue d’apprentissage de leurs enfants ?
À ce stade de la maturité de l’école, nous avons choisi de laisser aux parents le soin de déterminer le programme qu’ils veulent. La priorité des Français qui ont décidé de s’expatrier avec leur famille est que leur enfant parle anglais. Mais ceux qui sont déjà à BCIS et qui avait prévu un cursus anglais pour le secondaire ou la dernière année de primaire, se rendent compte que le programme français est très bien organisé, carré, précis et riche dans sa construction. Ils préfèrent garder le cursus français et que leur enfant prenne autant de cours d’anglais que possible.

Dans ce cursus français, combien d’heures sont-elles allouées à l’anglais ?
Indépendamment des heures obligatoires du programme, les primaires ont des classes Emile (Enseignement de Matières par l’Intégration d’une Langue Etrangère) avec des matières comme le sport ou au sein des “fratries”, enseignées en anglais. La langue n’est donc plus simplement un objet d’apprentissage, mais devient un outil de communication permettant l’accès à des savoirs et savoir-faire disciplinaires afin d’acquérir l’aisance nécessaire pour parler en continu dans le cadre de dialogues ordinaires de la vie courante et ainsi de mieux s’intégrer.

Il n’y a pas 2 écoles, mais 59 nationalités se côtoient. La section française, qui représente aujourd’hui un quart des élèves, augmente et le programme est complètement en français. Concernant Cambridge, il est complètement en anglais, avec le français en deuxième langue et le chinois en troisième.
Parmi les premiers diplômés en français de cette année, Paulina, une élève russe qui ne parlait pas un mot de français en début d’année scolaire, a obtenu 94 % aux examens du A1 et A2 en FLE (français langues étrangères). Aujourd’hui elle parle le français et encourage ainsi les autres élèves à s’appliquer dans son apprentissage. L’ambassadeur de France, Jacques Lapouge, l’a invitée le 21 septembre pour la remise du diplôme.

Votre homologation par le ministère de l’Éducation nationale va constituer un atout…
Oui, pour la maternelle et le primaire jusqu’au CM2 et plus tard pour le secondaire si nous avons plus d’élèves. Beaucoup de critères jouent lorsque l’on demande une homologation sur un niveau. Même si on a le fonctionnement avec le nombre de professeurs requis, j’estime qu’il faudrait au minimum 3-4 classes avec une cinquantaine d’élèves pour pouvoir en faire la demande.

De plus, si on accrédite le secondaire cela signifie qu’on doit arrêter le CNED. Or, depuis le temps que nous l’utilisons, nous avons 100 % de réussite et les élèves sont structurés, organisés, avec un programme clair et rythmé. Ils savent où ils en sont, car ils ont tous les ouvrages pour le suivre.

Au départ j’avais un doute, car le CNED est vendu comme un programme à la maison, mais il s’est révélé d’un niveau particulièrement élevé. Évidemment, lorsque j’offre aux parents de suivre le CNED dans le secondaire, ils doivent s’acquitter à la fois des frais du CNED et de la scolarité de BCIS, mais aujourd’hui je peux affirmer qu’il ne s’agit pas d’un doublon, car un parent qui prend le CNED à la maison doit jouer le rôle de professeur, ce qui demande énormément de patience, de pédagogie et de temps disponible. L’enfant doit pouvoir se discipliner à apprendre seul et à envoyer ses devoirs lui-même. Les parents qui exercent un métier n’ont pas cette disponibilité, c’est pourquoi le CNED prend donc toute son importance à l’école.
Le CNED et son organisation du programme scolaire en Séquences et Séances, le suivi des envois et le contrôle des devoirs continus, permettent aux équipes pédagogiques et dirigeantes ainsi qu’aux parents de s’assurer que l’intégralité du programme de l’année est bien vu et accompli.
Tous les élèves que j’ai pu rencontrer au fil des années ont besoin de nos professeurs pour la gymnastique pédagogique nécessaire à la pleine compréhension. Il y a toujours des élèves brillants qui peuvent y arriver seuls, mais l’école est faite pour tous.

Pour le secondaire du curriculum IGSE anglais, vous ouvrez cette année les classes de Year 10 avec ses options. Quel est l’éventail du choix des options ?
À ce stade de BCIS nous avons travaillé avec nos élèves, tout simplement. Nous avons 15 élèves qui passent en Year 10 et nous avons mis les moyens pour qu’ils disposent des options de leur choix. Je ne fais pas une école pour le grand nombre, mais pour chacun des enfants. Ce qui demande une identification précise des élèves de la part des professeurs, avec un programme de gestion. En tant que directeur, je veux connaître les forces et les faiblesses de chacun de mes élèves, car chacun d’eux m’intéresse. Je demande que chaque professeur puisse me dire quel élève a besoin de soutien et que cela soit rapporté aux parents afin qu’ils puissent prendre les dispositions nécessaires, avec des cours supplémentaires ou un travail personnel à la maison. Je veux un contrôle continu sans stress et que les contrôles réguliers soient attractifs pour les enfants. Plus ils se rendent comptent qu’ils réussissent, plus ils prennent du plaisir à apprendre. Donc cette identification est en cours depuis maintenant un an et nous adaptons encore nos outils. Demain d’autres élèves arriveront et nous proposerons d’autres options, car les espaces sont là.

Comment gérer une école avec 59 nationalités et ses différentes religions ?
Nous sommes la seule école de Phuket à appliquer des valeurs françaises, notamment sur un point crucial : la laïcité. Je suis fier que l’ensemble des communautés et leurs différentes religions s’épanouissent à BCIS et nous complimentent sur la gestion de ce sujet délicat. À BCIS, chaque élève peut se construire sans influence. Il faut insuffler toutes ces valeurs à l’ensemble du personnel et aux nouveaux professeurs. Je souhaite que les élèves acquièrent un maximum de connaissances, trouvent leur voie et leur place dans cette société. Finalement, toutes les communautés ont accepté que BCIS soit une école neutre.

La loi française interdit, depuis la rentrée scolaire 2018, les téléphones portables dans les écoles primaires et les collèges. Nous appliquons cette règle sur le campus de BCIS et aucun élève ne s’en plaint. Si on lui montre que l’on peut faire autre chose, il ne demande qu’à être guidé dans des directions où il peut s’épanouir. Il faut donc occuper les élèves et ce nouveau campus est conçu pour les adolescents. C’est pourquoi j’ai créé sur le nouveau campus des zones d’activités comme la première académie de billard, avec une ambassadrice thaïe classée, qui fait des compétitions internationales. Phaa Hmaunpao a 16 ans et peut ainsi constituer un exemple pour les adolescents. Les équipements sont là pour être utilisés et touchés, mais on doit les respecter et apprendre à les utiliser sous le parrainage d’un autre élève, avec une transmission de passion !

Que pouvez-vous nous dire du nouveau campus ?
Nous pouvons y accueillir 1500 élèves au bas mot. Mais grâce à notre modularité, nous sommes capables de monter beaucoup plus en capacité. Ce n’est pas le but. Le but est d’offrir à l’école un avenir à long terme.
D’abord je ne voulais pas que notre potentiel de développement, nos outils de travail et la flexibilité des espaces soient limités pour les prochaines années. L’école est un lieu d’évolution et ce qui est vrai en 2019, changera en 2020 et en 2021.
Nous sommes en perpétuel développement et la structure est très flexible, les parois, les plafonds, tout est modulable pour que l’on puisse décider d’évoluer et qu’une salle de 64 m2 aujourd’hui puisse faire 130 m2 demain ou inversement, il s’agit d’un endroit flexible, dynamique, avec du potentiel.

J’ai souhaité avoir le moins possible de salles multifonctions, ce qui augmente le coût d’exploitation puisque chaque salle spécifique n’est pas occupée en permanence, mais c’est un choix afin que l’élève dispose vraiment de son espace de réussite, de salles qui l’inspirent, qui lui offrent une vision le plus large possible. Tout le développement de l’école est basé là-dessus. Les matières principales auront une salle qui suscitera l’inspiration et l’exploration pour que l’élève comprenne pourquoi il apprend l’histoire, la géographie, pourquoi il faut protéger notre planète ou lire des livres.

Les élèves du 21ème siècle ne sont plus statiques, ils bougent. À BCIS, les chaises et les tables sont mobiles. Un enfant qui reste toujours dans la même salle finit par perdre sa concentration à un certain moment, il faut donc respecter ces temps où il décroche. Dans toutes ces salles spécifiques, il y a un monde à explorer et mon but consiste à créer de plus en plus d’univers, comme la salle consacrée au développement durable et à la protection de la planète.

Nous avons le pôle de culture générale avec les salles d’histoire, de géographie et la bibliothèque. Puis le pôle informatique, technologique, robotique et maintenant holographique. Il y a aussi le pôle artistique au 4ème avec les salles de couture, d’art, de sculpture et de musique. Puis le pôle média/télé, en hommage à Claude Berda, fondateur de AB Productions, la plus grosse société française de production des années 80-90 (Dorothée, Hélène et les garçons…), où les élèves pourront apprendre les techniques audiovisuelles, soutenus par tout un réseau où figure le président de la Warner Bros. Après il y a tout le pôle sportif et beaucoup d’endroits de bien-être où l’on peut s’asseoir et se détendre.

BCIS 11

Je voulais être sûr que l’on se sente bien sur ce campus, ne pas se sentir enfermé dans un bâtiment, mais avoir la sensation d’être dehors au frais quand on est à l’intérieur. De tous les côtés, grâce aux baies vitrées, on profite des arbres et de la nature. Le bâtiment est positionné est-ouest et aucune classe ne se trouve en plein soleil, en revanche on se trouve en pleine lumière, ce qui constitue un des critères de réussite. La qualité de l’air, la lumière et l’insonorisation sont en effet les 3 premiers critères de réussite d’apprentissage chez un élève.

Y a-t-il un endroit pour les parents ?
En bien là, ils sont gâtés, ils disposent de 2 espaces détente de 400 m2  : le lounge, endroit informatif de l’école où les élèves présentent leurs performances en fin de journée, et la petite galerie au 4ème où sont exposés les travaux artistiques. Les parents ont également accès à la cafétéria, qui est aussi l’académie de billard.

En termes de sports, que proposez-vous ?
Un large espace pour de nombreuses disciplines sportives comme les terrains de basket, tennis, volleyball… Et c’est sans compter la piscine olympique de 50 m.

Et le planétarium tant attendu ?
Le planétarium représente un très gros investissement même si sa structure n’est pas en dur. Nous allons entrer dans le club mondial de l’astronomie et attirer des scientifiques qui vont pouvoir communiquer et échanger avec nos élèves, où qu’ils soient dans le monde. Cela va devenir un pôle instructif avec un contrôle de connaissances par un système de vote. Le but n’est pas de regarder un film, mais d’apprendre, c’est éducatif. Il y a beaucoup de choses à exploiter dont la partie astronomie, la partie sciences et la partie artistique, car dans un dôme on peut projeter beaucoup d’œuvres artistiques avec de la musique, de l’opéra… C’est une entreprise en elle-même qui va évoluer au fur et à mesure.

Nous avons déjà contacté le Phuket Astronomy Club, heureux de constater que l’astronomie est enfin prise au sérieux à Phuket. Nous devons absolument explorer cet horizon, car les grands groupes comme Boeing, la Nasa, Elon Musk, Virgin et Amazon sont partis dans la conquête spatiale avec des projets, couplés d’intelligence artificielle et de programmation. C’est à nous d’ouvrir l’esprit de nos enfants…

Actuellement quelles activités extrascolaires proposez-vous ?
Depuis la rentrée, nous avons ouvert le poste de responsable des activités scolaires, qui englobe la partie académique, le soutien et aussi une classe pour les élèves les plus avancés qui ont besoin de challenge. Un élève qui a entre 85 % et 100 % en permanence sur toutes ses notes n’est pas forcément le plus heureux. Les élèves brillants montrent une certaine lassitude à apprendre, suscitent une jalousie qu’ils ne savent pas gérer et estiment que les autres ne vont pas assez vite pour eux. Il s’avère souvent que ce sont ceux qui chahutent le plus et dénigrent la société et la communauté. Parallèlement au Pôle Soutien et aides au devoir, nous avons donc créé un Pôle Challenge, et ces deux activités extrascolaires se côtoient harmonieusement.

Trop savoir que l’on est très bon n’est pas très sain. Il ne faut pas tout juger sur les résultats à court terme, un enfant avec de mauvaises notes aujourd’hui peut se révéler un excellent dirigeant demain. C’est un être que l’on construit, un futur citoyen.

Avec l’école il faut dispenser une régularité d’apprentissage et s’assurer que cet apprentissage soit bien ancré. Nous voyons des champions qui toute l’année savent tout faire et qui l’année suivante ont tout oublié, ou certains qui lisent la leçon la veille des examens et qui ont tout oublié le surlendemain. C’est pour cela que les outils et les salles spécialisés vont permettre à l’enfant de s’immerger dans des mondes particuliers, qui vont devenir son quotidien. La plupart des écoles ne parlent que des résultats, mais est-ce que le savoir est ancré, est-ce que l’élève va savoir utiliser ses connaissances, savoir les entrecouper et s’épanouir avec ? Est-ce qu’il sait créer ?

L’enfant a aussi des émotions, par rapport à ce qu’il croit, ce qu’il voit et parfois ce qu’il ne sait pas exprimer. Dans sa différentiation, BCIS bannit la répression. On ne punit pas un élève, c’est extrêmement rare. Il faut qu’un enfant puisse sentir de la bienveillance à son égard. Je veux que l’enfant sente d’abord qu’il est aimé par la société. Ainsi son intelligence, son développement, ses connaissances, ses forces, pourront s’épanouir. Lorsqu’un élève se montre négatif ou se comporte mal, il doit apprendre à s’isoler dans des espaces réconfortants, pour jouer aux échecs ou lire un livre par exemple. Ce sont ces voies que je veux montrer aux enfants à BCIS, les éduquer à s’intégrer harmonieusement à notre société, à apprécier la différentiation, la diversité et posséder toutes ces valeurs-là. Ils seront ainsi armés, quand ils sortiront de l’école, d’un bagage au-dessus de la norme.

Comment allez-vous rentabiliser un endroit pareil ?
Seuls, les frais de scolarité ne pourront pas permettre d’amortir un tel établissement. C’est une école la journée, mais le soir, les week-ends et les grandes vacances, elle deviendra une association de clubs et de jeunes sociétés pour enseigner d’autres disciplines. Je veux vraiment partager et apporter à notre communauté des possibilités. Ainsi de nouveaux entrepreneurs qui n’ont pas les moyens et le lieu pour s’épanouir, pourront accéder à ces espaces gratuitement au début, afin qu’ils se construisent, réalisent et quand ça tourne participent aux frais.

Si on arrive à cela, j’aurais l’impression d’avoir fait quelque chose de formidable dans ma vie. Ces valeurs de partage doivent être transmises absolument aux élèves. Quand vous vous levez le matin, ne cherchez pas à qui vous allez nuire, cherchez plutôt à qui vous allez faire plaisir. C’est ce qui se passe dans nos sociétés aujourd’hui. On regarde souvent ce que l’autre possède et on l’envie plus qu’on ne l’admire. Je conseille plutôt de regarder comment il fait pour s’en inspirer et créer quelque chose de différent. Ces valeurs-là se retrouvent à BCIS..


BC
IS phuket International School
+66 (0)76 606 204
28/89 Moo 4, T. Chalong A. Muang, Phuket 83130

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