Phnom Penh : Comme un roi au Raffles

Phnom Penh : Comme un roi au Raffles

Phnom Penh

Comme un roi au Raffles

Christophe Chommeloux

30 Janvier 2018

Élégante fusion des styles khmer, colonial et Art déco, l’hôtel Le Royal fut inauguré pour la première fois en 1929. Tout au long du XXème siècle, il constitua le symbole du raffinement au Cambodge, élu comme lieu de résidence par de nombreuses célébrités de passage…

Des écrivains, des membres de familles royales s’y succédèrent parmi une multitude de personnalités, dont le général de Gaulle. De nos jours, leurs portraits en noir et blanc ornent les murs de l’hôtel, qui fut inauguré à nouveau en 1997 sous le nom de Raffles Hotel Le Royal après de colossaux travaux de rénovation.

Sculptures extérieures, peintures de plafond, crêtes décoratives en cuivre martelé furent recréées par la crème des artisans locaux, permettant à cette pièce majeure de l’héritage cambodgien de se réinventer, de manière à conserver son charme colonial tout en offrant au voyageur moderne tout le confort qu’il peut attendre d’un hôtel de luxe au 21ème siècle.

Lors de cette métamorphose, le Raffles connut également d’importants agrandissements, jusqu’à s’étendre aujourd’hui autour d’une cour centrale privée, au milieu d’un jardin tropical bordé de frangipaniers, au cœur duquel se nichent deux belles piscines à ciel ouvert. Un spa, un sauna, une salle de gym, deux restaurants, deux bars et de jolies boutiques de mode et de décoration viennent compléter l’ensemble, idéalement situé à deux pas du Wat Phnom.

Avec son ambiance feutrée et son fameux nectar Femme Fatale créé pour Jackie Kennedy en 1967,The Elephant Bar représente pour les habitants de Phnom Penh un refuge des plus délicieux en début de soirée. Pour dîner, Le Royal constitue un choix souverain, puisqu’il est le seul restaurant servant une cuisine khmère basée sur les recettes transmises par la famille royale. Enfin, le Café Monivong propose, en plus de ses petits déjeuners réputés, des buffets et des soirées à thème telles que son Cambodian cultural show. Ainsi, l’établissement presque centenaire, témoin des époques qu’il a traversées, honore le passé et embrasse l’avenir de la capitale en occupant une place centrale sur la scène sociale et professionnelle.

A l’occasion d’un séjour dans la suite André Malraux, personnage controversé au Cambodge, mais fameux homme de plume sur les traces duquel Latitudes fut heureux de marcher, la princesse Sita Norodom, ambassadrice de Raffles, nous a éclairés sur la riche histoire du prestigieux établissement : «La famille royale est très liée avec cet endroit. Cela remonte au roi Sisowath Monivong, qui honora de sa présence l’inauguration du Royal, en 1929. Après, il y eut le roi Sihanouk, mon grand-père, très partisan du Royal. Il y a amené notamment Jackie Kennedy et on peut encore voir des photos de lui un peu partout. Par ailleurs, mon oncle le prince Ranariddh a soutenu le Raffles à l’époque où il était Premier ministre, en lui accordant la concession en 1993. Enfin les tenues du personnel féminin sont la petite touche apportée par ma mère, la princesse Buppha Devi. J’évolue donc dans ce bel établissement de manière naturelle, plutôt que de me tourner vers d’autres hôtels certes prestigieux, mais auxquels il manque à mes yeux cette Histoire… J’ai passé toute mon enfance à Paris et j’aime énormément l’Europe. Je ne comprends pas du tout ce changement purement asiatique qui consiste à abandonner les bâtiments historiques coloniaux et à construire de nouveaux immeubles de manière anarchique. On peut très bien concilier le moderne avec l’ancien, ce n’est pas contradictoire, le Raffles – le Royal en constitue une preuve éclatante!»

www.raffles.com/phnom-penh

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