La France en
Thaïlande 4.0

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Thaïlande 4.0

VILLAGE GLOBAL

La France en Thaïlande 4.0

Christophe Chommeloux

24 Août 2017

Ambassade, CCE, Business France, Chambre de Commerce, French Tech… L’équipe tricolore affiche un impressionnant dynamisme pour ampli er les relations économiques franco-thaïlandaises et se mobilise pour faire entendre la voix de la France au sein de la Thaïlande de demain.

Le 9 juin dernier, les Conseillers du Commerce Extérieur de la France ont réuni environ 150 acteurs économiques à l’occasion d’une journée d’information et d’échanges sur la présence française face aux enjeux économiques de la Thaïlande, intitulée : Du Siam à la Thaïlande 4.0.

Une occasion unique de faire le point sur les évolutions en cours dans l’économie du royaume, sur laquelle sou e un incontestable vent de modernité, ainsi que d’envisager comment les entreprises françaises peuvent apporter une expertise et profiter des opportunités ainsi créées.

A l’occasion du 14 juillet, notre ambassadeur Gilles Garachon, célébrant les 160 ans des relations diplomatiques entre la France et la Thaïlande, est revenu lors d’une conférence de presse sur un partenariat économique qu’il estime naturel.

« Nos deux pays, de taille comparable, possèdent beaucoup de points communs. Ce sont des pays carrefour dans leurs zones respectives, la France plate-forme économique majeure en Europe et la Thaïlande l’économie centrale en Asean. Le rapprochement est aussi à faire sur le plan de l’industrie automobile : la France est le onzième producteur de véhicules au monde, juste devant la Thaïlande, douzième. De même, les industries de l’agroalimentaire et du tourisme (notre premier pourvoyeur de devises) occupent pareillement des places importantes dans nos économies respectives. Comme les Français, les Thaïs aiment bien manger et voyager ! La France, qui avec le nouveau président Emmanuel Macron a confirmé son attachement au projet européen constitue plus que jamais pour laThaïlande un point d’ancrage important pour accéder au marché unique. Des entreprises thaïlandaises ont déjà investi en France et sont donc, de ce fait, présentes en zone euro, avec tous les avantages que cette position offre. Nous souhaitons que ces exemples soient suivis.

Déjà, laThaïlande représente le deuxième partenaire économique régulier de la France en Asean et nous venons de tenir, le 3 juillet, le deuxième dialogue économique intergouvernemental de haut niveau. Par ailleurs, les représentants des entreprises thaïlandaises et françaises ont signé un Memorendum of Understanding pour détailler les projets de leur coopération dans les secteurs de l’agroalimentaire, les transitions énergétiques, les transports et les villes intelligentes, les “Smart Cities”.

Depuis mon arrivée en 2015, je suis convaincu que nos deux pays, pour toutes les raisons évoquées plus haut, sont destinés à coopérer, à aller de l’avant ensemble. Patience, j’ai con ance dans la stabilité de la Thaïlande et je pense qu’après l’année 2017 marquée par le deuil, 2018 pourrait être celle du redémarrage, avec une ambition : celle d’atteindre 3 % de parts du marché thaïlandais (contre 1,44 % actuellement, NDLR) et d’attirer plus d’entreprises de taille intermédiaire (ETI, de 250 à 5000 employés, NDLR) en Thaïlande. Pour ce faire, je souhaite que les Thaïlandais nous ouvrent davantage leur économie et leur marché de l’emploi.»

PRÉSENCE ET PRÉSENTATIONS

260 entreprises françaises sont déjà implantées en Thaï- lande. Avec 1,7 milliard d’euros d’exportations, la France est le deuxième fournisseur européen du royaume, alors que celui-ci exporte 2,6 milliards vers l’hexagone.

Jean-François Goumy, directeur de Business France pour la Thaïlande, le Myanmar et le Laos, et Audrey Souche du cabinet d’avocats DFDL ont rappelé le 9 juin lors de leur présentation que 30 000 Français sont présents en Thaïlande, c’est-à-dire autant qu’en Chine, et que la Thaïlande est le pays le plus francophone de la région, avec 560 000 personnes parlant notre langue. « La France s’y trouve d’ailleurs à la pointe dans de nombreux domaines,» a précisé Jean-François,«nous sommes numéro 1 des cosmétiques avec 20 % de parts de marché, n° 1 des parfums avec 66 %, n° 1 des vins avec 40 %, n° 2 dans l’aéronautique et n° 5 dans les médicaments ».

Une table ronde consacrée aux priorités, défis et opportunités à réuni le même après-midi autour de Marc Pelletier, président de Schneider Electric Thailand, la secrétaire générale adjointe du Board of Investment thaïlandais Duangjai Asawachintachit, le président de la fédération des industries thaïlandaises Chen Namchaisiri, le directeur des technologies d’Alliance SCG Anurak Bannasak et le directeur de Line Thailand Ariya Banomyong. Celui-ci a résumé Thailand 4.0 en un mot : internet.

Pour cet ardent défenseur de l’économie numérique, hautement profitable pour des investissements limités, les 44 millions de Thaïlandais d’ores et déjà connectés à la toile représentent un vivier de clientèle pour toutes formes d’entreprises et la connectivité le meilleur moyen de les atteindre. On retrouve là les fondamentaux du concept de Thailand 4.0.

Après avoir connu une économie basée sur l’agriculture, puis sur une production à bas coût passée ensuite à un stade de production industrielle plus lourde illustrée par exemple par sa réussite dans le secteur automobile, il est désormais temps pour laThaïlande de progresser et de sortir du “piège du revenu intermédiaire”, qui se traduit par une croissance économique faible (en raison de l’élévation du coût du travail en période de forte croissance, elle-même dûe au faible coût précédent de la main-d’œuvre) et de réellement évoluer vers une économie de services, à forte valeur ajoutée, basée sur la créativité et l’innovation.
«Nous avons vu que la France a placé l’innovation au cœur de son économie du futur » conclut Gilles Garachon. « Le président Macron a inauguré le 29 juin dernier le plus grand incubateur de start-up au monde, la Station F, installée dans la halle Freyssinet à Paris, avec pour ambition de faire rayonner les hautes technologies françaises. Nous sommes donc parfaitement en phase avec la stratégieThaïlande 4.0 et des partenariats dans ce domaine sont attendus.»

www.ccethailande.com

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