Isabelle Garachon
Attachante d’ambassade

Isabelle Garachon
Attachante d’ambassade

POSITIVE PORTRAIT

ISABELLE GARACHON

ATTACHANTE D’AMBASSADE

Par Catherine Vanesse & Christophe Chommeloux

23 janvier, 2017

Depuis plus d’un an, le chaleureux couple diplomatique formé par Gilles & Isabelle Garachon représente la France en Thaïlande avec un entregent remarqué. Latitudes a voulu en savoir plus sur le quotidien de cette “ambassadrice” hyperactive…

Quel est le rôle de l’épouse de l’ambassadeur?

Ce n’est pas un métier dans le sens où nous ne sommes pas préparées à cette fonction, c’est une activité qui s’apprend sur le terrain. Au début, lors de notre séjour aux Philippines, Gilles m’a beaucoup rassurée en m’incluant dans son exercice diplomatique. Ensemble, nous formons un tandem, nous essayons de donner un sens à notre présence en Thaïlande. Pendant longtemps, le rôle d’épouse de l’ambassadeur se cantonnait à boire du thé avec les dames, à participer à des réunions de la Croix Rouge ou à des œuvres de charité. Ce n’est pas toujours évident d’être le conjoint, “la femme de”, c’est pesant parce que non, nous ne résumons pas à “la femme de” et ce n’est pas facile de s’expatrier, de s’installer dans un autre pays, de quitter un emploi…

Vous jouez un rôle actif dans la représentation de l’ambassade, pouvez-vous nous en dire plus sur votre fonction?

Pour commencer, j’ai développé la communication à travers la page Facebook de la Résidence de France. Après un an, nous avons déjà 2200 fans, je trouve que c’est une belle réussite, d’autant plus que les retours sont positifs. Après, j’ai ouvert un compte Twitter et Gilles aussi, dans l’idée de développer notre image sur les réseaux sociaux et pour que les gens sachent quel est le rôle de l’ambassadeur et de son épouse, que nous ne sommes pas là juste à dépenser l’argent des impôts et à boire du champagne en mangeant des Ferrero.

Ensuite, notre mission consiste à nous constituer un réseau au sein de la communauté française, auprès de la communauté internationale ou du corps diplomatique, à faciliter les rencontres entre les gens, les mettre en contact… Il s’agit également de montrer aux Français qui viennent d’arriver comment les choses fonctionnent en Thaïlande, quels sont les codes… ou à l’inverse, d’expliquer aux Thaïlandais comment sont les Français.

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L’aspect protocolaire a manifestement beaucoup d’importance…

Nous nous devons de donner une bonne image de la France en Thaïlande, que ce soit à travers les réceptions, les dîners, les événements ou les festivals, une activité liée au fait de se constituer un réseau. Pour effectuer ce travail, il faut aimer rencontrer les gens et échanger, ne pas parler que de soi, mais surtout se mettre à l’écoute de l’autre.

Je me suis rarement ennuyée à un dîner ou à une réception, j’appécie beaucoup de lier connaissance, on a toujours quelque chose à apprendre de la personne assise à côté de vous. Nous sommes des personnages publics, il faut parfois faire attention à ce que l’on dit, à la manière dont on s’habille, comment on se comporte. Mais en dehors de ces rendez-vous officiels, il y a toutes ces rencontres informelles, comme de se retrouver le temps d’une cigarette avec Catherine Deneuve ou coincée dans un bus avec Marion Cotillard…

En Thaïlande, en plus du protocole, les codes ne doivent pas toujours se montrer faciles à déchiffrer…

Le fait que nous ayons passé du temps en Thaïlande entre 1999 et 2003 constitue un énorme avantage. Je suis au courant des codes, j’ai l’expérience des relations avec les Thaïlandais, j’avais déjà un réseau sur place et j’étais resté en contact avec des personnes que j’ai rencontrées il y a 17 ans, des gens avec qui j’ai travaillé à l’Alliance française, qui me connaissent en tant qu’Isabelle et non pas simplement comme la femme de l’ambassadeur. Je parle aussi un peu la langue. Gilles, de son côté, a toujours suivi l’histoire du pays car il est passionné par cette région. Tous ces éléments permettent de se positionner d’emblée et je pense que nous avons gagné un an. Quand nous sommes arrivés aux Philippines, il nous a fallu prendre le temps de découvrir l’endroit, la culture, les codes, de nous familiariser avec le pays.

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Entre ce premier passage à Bangkok et aujourd’hui, comment retrouvez-vous cette Thaïlande que vous avez connue il y a 15 ans?

À l’époque, je suis arrivée avec un bébé dans les bras et je suis tombée enceinte de mon deuxième. Gilles œuvrait comme premier conseiller de l’ambassadeur et je travaillais à l’Alliance française. Nous habitions déjà dans ce quartier près de l’Ambassade de France et j’ai la sensation qu’il a peu évolué entre-temps. J’ai retrouvé les mêmes magasins, je vais de nouveau chez la même coiffeuse, au même salon de massage… Je trouve que les Thaïlandais n’ont pas changé, ils sont toujours aussi gentils, aussi souriants.

J’ai retrouvé aussi la nounou des enfants, elle avait travaillé pour nous la première fois et nous avait même accompagnés en Indonésie. Ensuite, nous avions dû rentrer en France et elle était retournée vivre en Thaïlande. Nous avions gardé le contact et lorsque je suis revenue ici, je l’ai appelée et elle vient désormais tous les dimanches à la Résidence.

En revanche, Bangkok a évolué. A l’époque, les centres commerciaux n’existaient pas et le seul rooftop-bar était le Vertigo. Il n’y avait que quelques restaurants alors que maintenant, même en restant quatre ans, je ne suis pas sûre de pouvoir tous les essayer. Bien que le nombre de voitures ait énormément augmenté, il y avait encore plus d’embouteillages avant et le quartier de Sukhumvit semblait à l’autre bout du monde…

Vous changez de pays régulièrement, n’éprouvez-vous pas parfois l’envie de vous poser?

Il y a des points positifs et des points négatifs. J’ai deux enfants, de 15 et 17 ans, j’essaye de leur expliquer cela. L’un d’eux est toujours content de bouger, mais l’autre, une fois qu’il est installé, a plutôt envie de rester. Je trouve que c’est une grande chance de changer de pays tous les 3 ou 4 ans, ça oblige à vivre le moment présent. J’évite de trop me projeter dans le futur et je m’efforce de profiter pleinement de mon séjour. Souvent, je me dis après trois ans que j’ai fait un peu le tour du pays et de la communauté. Même si en Thaïlande rencontrer l’ensemble de cette communauté me semble impossible, car elle est très dispersée et très éclectique…

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