IA, y’a qu’à !

DIGITAL LIFESTYLE

IA, Y’A QU’À !

Par Pierre Herubel & Carolyne Grat

16 Mai 2019

L’intelligence artificielle constitue un sujet à la fois technologique, philosophique et sociétal qui risque de bouleverser nos vies
dans les prochaines années. Alors, pour ou contre ? Digital Lifestyle décrypte les innovations technologiques et leur impact sur nos modes de vie, puis vous demande votre avis…

A travers ses efforts pour reproduire une intelligence à son image, l’Homme tente d’accomplir un rêve prométhéen qui marquerait l’Histoire. D’un point de vue philosophique, il s’agit donc d’un phénomène considérable, dont on doit questionner l’impact sur nos vies dans les prochaines années.

Mais qu’est-ce au juste que l’intelligence artificielle ? Le dictionnaire Larousse définit cette innovation comme « un ensemble de théories et de techniques mises en œuvre en vue de réaliser des machines capables de simuler l’intelligence humaine.» Ces dernières années, son évolution a été exponentielle, boostée par des investissements colossaux et par le développement de technologies comme le machine learning, ou apprentissage automatique, qui permet à l’IA d’améliorer seule ses performances grâce à l’analyse de nouvelles données.


Liberation ou alienation?

Dans nos sociétés modernes, le rythme accélère sans cesse, et nous sommes en quête perpétuelle de gain de temps. Alors, dans ce schéma de vies agitées, la contrainte ne se voit guère à la mode et les nouvelles technologies nourrissent ce phénomène. L’IA y contribue en gérant les tâches répétitives, difficiles et inintéressantes de notre quotidien. Commander un taxi en 3 clics puis un repas en 2 scrolls constitue désormais la norme. Mais la fin des contraintes se révèle-t-elle libératrice ou annonce-t-elle une nouvelle forme d’aliénation pour l’homme?

Si l’on observe le monde du travail, toutes les analyses laissent à penser que nous nous dirigeons vers une profonde mutation.

Dans les faits, la robotisation des industries du secteur primaire et secondaire a d’ailleurs été amorcée depuis bien longtemps, mais dans celui du tertiaire, l’automatisation s’intensifie : baisse des charges, gains de productivité, maîtrise des coûts et optimisation des marges rendent les entreprises adeptes du concept. Selon Cap Gemini Consulting, l’utilisation de l’IA pourrait par exemple rapporter 512 milliards de dollars à l’industrie bancaire d’ici 2020.

En principe, supprimer des emplois peut mener à la création de nouveaux métiers ; fini les traders, place aux ingénieurs financiers. Mais la difficulté demeure d’estimer combien d’emplois vont ainsi disparaître. Ainsi, si les gouvernements ne prennent pas de mesure pour endiguer le chômage généré, quelle sera la solution ? La réponse, selon certains défenseurs de l’IA, reposerait sur une forme de revenu universel. En donnant un salaire de base à chacun, on assurerait une transition vers le modèle de « la fin du travail » inventé par l’essayiste Jeremy Rifkin…

AI 4 Nao_Robot_(Robocup_2016)
AI 6 SoftBank_pepper
AI 5 Robot_Romeo_Forum_France_Culture_2015

L’IA est déjà là

Mais en attendant la fin du travail et des corvées, nous utilisons déjà tous des IA. Notamment quand nous surfons sur internet. L’usage emblématique est le chatbot, qui répond intelligemment aux clients et gère les ventes sans intervention humaine. Selon Gartner, 85 % des relations clients seront opérés par des chatbots d’ici 2020. Mais le monde réel va lui aussi voir déferler des robots à l’intelligence tout artificielle.

En 2012, le géant japonais SoftBanks a racheté l’entreprise française de robotique Aldebaran pour créer SoftBanks Robotics. Leader sur le marché, la société développe à la fois NAO, dédié à la programmation, Romeo destiné à l’aide à la personne et

Pepper, spécialiste de la relation client. Côté militaire, Boston Dynamics (également du groupe SoftBanks) développe des quadripodes impressionnants comme Bigdog ou Atlas.

Dans le secteur du transport, Waymo, Uber et Tesla forcent les constructeurs automobiles historiques à se lancer dans la course à la voiture autonome, déjà autorisée sur certaines routes de Californie.

Sur le plan de la logistique, Amazon et Alibaba se font concurrence pour révolutionner les modes de livraison. La palme du projet le plus fou revient à Amazon, qui souhaiterait placer dans le ciel des montgolfières géantes remplies de marchandises prêtes à être livrées par des drones. Cela faciliterait la livraison aérienne et permettrait aux appareils volants d’être plus proches des points de livraison. Cela peut paraître inconcevable, mais le patron d’Amazon, Jeff Bezos, a breveté cette technologie dès 2016…

Même la restauration n’échappe pas au phénomène : la Chine se pose en précurseur, avec des établissements entièrement gérés par des robots comme les restaurants de hot pot Hai Di Lao. Dans l’hôtellerie, la société Tencent a développé un partenariat avec la chaîne d’hôtels Shangri La pour déployer sa solution « Cloud Smart Hotel » visant à améliorer l’expérience des clients et le service.

Même si l’on se trouve encore assez loin de la fameuse « singularité », en gros le moment où l’intelligence des machines dépassera celle des humains, l’IA s’impose comme une réalité, déjà mise en œuvre par les entreprises américaines, chinoises et japonaises. Très peu par les pouvoirs publics, du moins en Occident. Nos gouvernements devront veiller à assurer une transition en encadrant les usages, afin de ne pas déstructurer complètement nos sociétés basées sur le travail et les relations humaines.

Et vous, que pensez-vous de l’intelligence artificielle ? Nous vous invitons à aborder ces questions entre vous, ou en nous retrouvant sur la page Facebook de Latitudes pour continuer le débat…

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