Anne Genetet, Le sens de la marche

POSITIVE PORTRAIT

Anne Genetet

Le sens de la marche

Christophe Chommeloux

3 Juin 2018

Élue en juin 2017 députée de la 11ème circonscription des Français établis hors de France, Anne Genetet entend donner du sens à leur présence à l’étranger et les rapprocher de la communauté nationale.

Médecin, journaliste médicale, autoentrepreneur, actrice au sein d’ONG à Singapour où elle est expatriée depuis 2005,Anne Genetet incarne parfaitement la volonté de parité et d’ouverture à la société civile voulue par le nouveau président de la République.

Membre de la commission des Affaires étrangères à l’Assemblée nationale, elle a été chargée par le Premier ministre d’une “mission d’information pour examiner la fiscalité et la protection sociale des expatriés”, dont les conclusions sont attendues au plus tard le 1er juin 2018.

Avec pour objectif affiché d’offrir de meilleurs services aux résidents expatriés, tout en respectant les principes de droit auxquels ils doivent se soumettre, cette mission parlementaire a pour objet d’évaluer et de faire des recommandations sur la fiscalité, l’accès aux prestations de sécurité sociale, la simplification de l’accès aux services publics et les conditions de retour en France.

QUEL A ÉTÉ LE DÉCLIC POUR VOUS LANCER EN POLITIQUE?

En fait, j’ai toujours été très intéressé par la politique et me suis régulièrement engagée dans l’action auprès d’associations locales.

J’ai notamment monté une structure pour aider les familles dont les enfants partent faire leurs études et quittent leur foyer et j’ai mis en place une organisation d’aide anonyme aux femmes en difficultés familiales.

Mais il n’y avait pas d’offre politique qui me satisfasse pleinement, jusqu’à l’arrivée d’Emmanuel Macron, qui a suscité une vraie curiosité et un certain attrait.

Je suis devenue sympathisante, puis militante, notamment pour faire barrage à l’extrême droite, dont la montée en puissance me semble relever de la responsabilité de ma génération.

Puis Emmanuel Macron a fait un appel aux femmes et à la société civile et je me suis lancée, sans regret.

Heureusement que je ne savais pas tout, notamment sur la quantité de travail ou la difficulté à faire bouger la machine de l’État! Mais je suis consciente de ne pas être là pour faire la révolution, à notre niveau, ce sont des petites choses que l’on peut faire bouger, les grandes réformes, je les laisse aux ministres et au président de la République.

N’EST-CE PAS COMPLIQUÉ D’AVOIR UNE CIRCONSCRIPTION AUSSI IMMENSE ?

Le seul point difficile est que ça réduit mon temps de présence à l’Assemblée par rapport à mes collègues. Quand je me déplace beaucoup, je rate par exemple les questions au gouvernement. C’est la seule différence.

Pour le reste, mes collègues de métropole doivent faire face à de nombreuses difficultés que je n’ai pas à affronter, comme des grèves d’usines ou des classes qui ferment dans les campagnes, des catastrophes naturelles…

Ce qui est important, c’est de savoir pourquoi on est là.

Mon but est de raccrocher les Français de l’étranger à l’histoire nationale. Nous sommes tous français, nous appartenons tous à la même nation. Je souhaite faire évoluer les mentalités et à chaque fois que je vais dans un pays, je me passionne pour tous ces parcours d’expatriés, ces gens qui sont sortis de leur zone de confort, qui ont pris des risques, qui ont connu des échecs pour certains et qui pourtant continuent à faire des choses passionnantes et pour la plupart d’entre eux contribuent au rayonnement de la France. Je souhaite faire comprendre aux Français à quel point les expatriés peuvent profiter à la communauté nationale.

Nous avons tous envie d’un pays qui continue à rayonner, qui crée des emplois, qui offre un avenir à ses jeunes.

Les Français de l’étranger y contribuent! Nous sommes presque 2 millions et demi à l’étranger, de nombreux jeunes français vont partir à leur tour, peut-être indirectement créer de l’emploi en France, s’ils exportent, éventuellement revenir en France riches de leurs expériences… Nous avons besoin de ça, de continuer à promouvoir l’image de l’Hexagone.

Nous avons la chance d’avoir un président très actif en termes de politique étrangère et qui fait beaucoup pour notre rayonnement. Notre diplomatie est très réputée, mais ça ne suffit pas, la présence française ne se résume pas à des diplomates et c’est tout le travail que j’entends mener.

LE FAIT D’ÊTRE VOUS MÊME UNE EXPATRIÉE CHANGE-T-ILVOTREVISION DES CHOSES?

J’en suis convaincue, mais une des qualités d’un député réside aussi dans sa capacité à s’adapter, à s’intéresser et à comprendre très vite ce qui se passe partout. Comme tous les Français qui sont partis, je suis sortie de ma zone de confort, j’ai pris des risques, c’est ce qui nous rassemble.

J’IMAGINE QUE VOUS ÊTES INTERPELLÉE À PROPOS DES PROBLÉMATIQUES SUR LESQUELLES VOUS TRAVAILLEZ DANS VOTRE RAPPORT…

Nous avons réussi à obtenir cette fameuse mission que m’a confiée le Premier ministre pour laquelle nous allons mettre sur la table les sujets qui concernent spécifiquement les Français de l’étranger, mais en conservant l’objectif d’unité des Français, qu’ils soient en métropole ou ailleurs.

Bien sûr, il y a des sujets comme la gratuité de l’école ou la protection sociale à la française, qui ne sont pas envisageables pour les expatriés, pour des raisons claires qui ne sont pas de la discrimination, mais qui sont liées au droit local et à ce que la France peut ou ne peut pas faire à l’étranger.Tout ça sera clarifié, de manière à faire converger le statut de tous nos compatriotes. C’est à ça que je travaille, je ne suis pas une syndicaliste des Français établis hors de France, mais je veux donner du sens à leur présence à l’étranger.

QUE RÉPONDEZ-VOUS À CEUX QUI VOUS REPROCHENT DE NE PAS VENIR LES VOIR ASSEZ SOUVENT ?

Ma circonscription comprend 49 pays, je ne peux pas les visiter tous dans l’année, je décide donc de mes déplacements en fonction des événements dans les différents pays, afin qu’ils représentent une valeur ajoutée.

Mais les remontées du terrain ne se font qu’en partie à l’occasion de mes voyages, elles s’effectuent également à travers les Facebook live que j’organise une fois par mois, les visioconférences avec les agents consulaires, les lettres mensuelles d’informations des ambassades…

En ce qui concerne la Thaïlande, j’ai la chance d’y avoir deux collaborateurs,Vincent Berthiot et Adrien Coron.

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