La nuit des galeries, l’art à portée de tuk-tuk

BOULEVARD DE L’ART

La nuit des galeries,

l’art à portée de tuk-tuk

Christophe Chommeloux

17 Avril 2018

Lancée en Thaïlande en 2013 et inspirée par « La Nuit Blanche » à Paris, la Nuit des Galeries est devenue un moment fort de la saison culturelle, réunissant un public de plus en plus large, comprenant notamment l’équipe de Latitudes.

Pour la cinquième fois, la Nuit des Galeries a invité les amateurs d’art et les curieux à visiter 62 galeries d’art à Bangkok, sur Silom/Riverside la nuit du vendredi 9 février et sur Sukhumvit la nuit du samedi 10 février.

« La Nuit des Galeries est un réseau,» explique Fabian Forni, le Conseiller de coopération et d’action culturelle à l’ambassade de France, aux manettes du projet, « un réseau qu’il faut entretenir, enrichir. Le principal apport de la France réside dans l’ingénierie culturelle : nous accompagnons ces galeries, qui gardent la main sur leur propre programmation, en les incitant à travailler ensemble, à dialoguer. Nous collaborons en ce moment avec le Docteur Apinan pour que la prochaine édition soit intégrée à la Bangkok Art Biennale, dont il est le directeur artistique. Ce qui l’intéresse le plus, justement, c’est tout ce maillage que nous avons réussi à construire à Bangkok et la manière dont les publics se mélangent à l’occasion de la Nuit des Galeries.»

A la suite d’un cocktail de lancement très motivant, donné au nouveau restaurant French St, à OP Garden, les amateurs d’art ont entrepris de visiter les galeries les unes après les autres, faisant bon et « sanuk » usage des 30 tuk-tuks dédiés, voyageant sur des itinéraires spéci ques et agrémentés d’un projet spécial : une galerie mobile créée par Liv_id.

Compensant d’avance les éventuelles lacunes de son bagage culturel par quelques kilos de matériel photographique et une enthousiaste curiosité, l’équipe de Latitudes a donc embarqué en tuk-tuk avec les meilleurs des guides possibles : Fabian Forni le COCAC et Vanessa Silvy l’attachée culturelle,qui œuvrent sans relâche avec l’ensemble des services culturels de l’ambassade de France à la réalisation de l’événement.

1er arrêt, Adler, ensuite on perd le fil spatiotemporel du florilège forcément injuste et subjectif qui suit, souvenir de brèves rencontres dans de drôles d’endroits, et qui possède un seul vrai mérite : c’est la première fois que les œuvres et galeries citées figurent dans Latitudes!

Nouvellement installée à Charoen Khrung Soi 45, la nouvelle incarnation de la galerie Adler présentait Persona by Sophie Badens, un ensemble de poésies visuelles semblant inviter à jouir sans entraves, à côté du travail d’Attasit Pokpong. « J’aime beaucoup cet artiste,» nous confie Fabian, « je suis son travail depuis un moment et je me réjouis qu’il commence à rayonner bien au-delà de l’Asie.»

www.facebook.com/galerieadlerbkk

Également très remarquée par notre équipage au cours de ces pérégrinations artistiques, «To Reminisce » de Chayaponn Maneesutham, une superbe exposition photo sur le minéral et le vivant, proposée par Case Space Revolution, une galerie encore méconnue située au-dessus du restaurant bio Broccoli Revolution, à Sukhumvit.

www.facebook.com/casespacerevolution

Subbhashock Art Center, réputé pour son effort de repérage et d’accompagnement des artistes et qui vient d’ailleurs d’ouvrir une résidence à Chiang Mai, a réuni de nombreux suffrages. C’est là que l’équipe de Latitudes, guidée par Arnaud Nazare-Aga, a découvert le troublant travail de Chatsayarot Inkupchan, Li(n)es Beneath, en couverture de ce numéro.

Très remarquée également, une installation/exposition dégageant une incroyable force : Inspiro, de Surapong Sudasna Na Ayudhya. L’artiste a vécu pendant près d’un an auprès d’ouvriers du bâtiment, qu’il a sublimés dans ses peintures en sortes de héros modernes.

www.facebook.com/sacbangkok

À la Kathmandu Photo Gallery, bastion du célèbre photographe Manit Sriwanichpoom : l’Histoire des Monuments, avec les photographies de Democracy Monument par Kata Sangkhae pouvait inspirer l’espoir ou le désespoir, selon l’interprétation du spectateur, dans le contexte thaïlandais de l’attente du retour à la démocratie.

« J’aime beaucoup cette galerie et j’aime beaucoup Manit,» a commenté Fabian, « c’est quelqu’un qui transmet. Il est considéré comme l’un des pères de la photographie en Thaïlande et il accompagne beaucoup la nouvelle génération.»

www.facebook.com/kathmanduphotogallery

Enfin, mention spéciale à l’exposition hyper-conceptuelle de François Roche, New-territories organisée hors site par la TARS Gallery au NewT Warehouse. « J’ai été très impressionné par a-ni-Male farm_robotic debt, une installation mettant en scène la relation entre un robot et une courtisane, et d’une manière générale par le travail très signifiant de cet artiste» avoue Fabian.

www.tarsgallery.com
www.facebook.com/mindmachinemakingmyths

#GN18
www.facebook.com/galleriesnight

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