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Latitudes Magazine | Joe Cummings, Road Tripes

INTERVIEW 

Joe Cummings, Road Tripes

Catherine Vanesse

14 Janvier 2017

Musicien, écrivain et surtout grand voyageur, contributeur historique du fameux guide Lonely Planet, Joe Cummings connaît la Thaïlande comme son livre de poche. Latitudes a rencontré l’auteur entre deux périples, suite à la sortie du guide The Hunt Bangkok. 

Né à La Nouvelle-Orléans et élevé en Californie, en France et à Washington, Joe Cummings est arrivé en Thaïlande en 1977, dans un premier temps pour étudier le bouddhisme. En 1981, il commence à écrire pour Lonely Planet dans la première édition “moderne” sur la Thaïlande, le précédent guide en anglais remontant à 1928 ! Depuis, Joe a rédigé plus de 35 ouvrages, dont le dernier : The Hunt Bangkok, un livre de poche qui recense 80 bonnes adresses de la capitale siamoise. En attendant la sortie de son prochain recueil de recettes du restaurant Baan Pad Thai, nous avons rencontré celui qui, après plus de 40 ans en tant que “travel writer”, n’a toujours pas pu se faire à l’idée d’opter pour une valise à roulettes. « It seems so bourgeois » plaisante ce perpétuel nomade.

Pourquoi avez-vous décidé de venir en Thaïlande ?

Quand j’ai terminé mes études aux États-Unis, j’ai commencé à jouer professionnellement dans un groupe de musique. Après quelques années, j’en ai eu marre de la scène musicale, j’avais vraiment l’impression de faire une erreur, je ne pouvais pas voir le monde parce que je jouais toute la nuit et je dormais la journée… Je me suis bien amusé, mais je n’apprenais rien, j’ai donc commencé à lire des livres sur le bouddhisme et j’ai senti que je devais approfondir le sujet ; je suis donc venu en Thaïlande pour la première fois en 1977. J’ai étudié pendant un an dans différents temples et j’ai commencé à apprécier la Thaïlande, moins le bouddhisme et plus le pays. Je suis revenu aux États-Unis, ai obtenu un autre master et je suis reparti en Thaïlande pour continuer à étudier le bouddhisme. En même temps, j’ai commencé à écrire la première édition de Lonely Planet Thaïlande en 1981. Et puis je suis resté coincé là parce que je devais écrire le Lonely Planet pendant 25 ans !

Était-ce la seule raison ?

Non, je voulais rester. Je faisais des guides pour d’autres pays comme le Laos, la Birmanie, l’Indonésie et les Philippines, mais j’ai toujours considéré la Thaïlande comme ma base, à Chiang Mai. Je n’ai pas déménagé à Bangkok avant 2008.

Qu’est-ce qui a changé dans le livre de voyage depuis 1981 ?

Avant, Lonely Planet était une très petite entreprise, plus comme une famille, je pouvais écrire sur ce que je voulais. Mais la compagnie a commencé à s’agrandir de plus en plus jusqu’à atteindre 300 employés et cela a vraiment changé lorsque les rédacteurs en chef Australie, qui n’étaient jamais allés en Thaïlande ont commencé à me dire ce qu’il fallait écrire à propos du royaume. C’est la raison pour laquelle j’ai décidé d’arrêter. Je suis parti au bon moment, quand les guides de voyage étaient encore importants. À présent, les gens utilisent internet et des applications, les livres sont vraiment démodés. Qui achète des guides de voyage ? Je suppose que certaines personnes le font, je vois des gens avec…

Qu’en est-il de l’édition de The Hunt Bangkok ?

C’était amusant de le faire, j’étais complètement libre. Je devais choisir 80 lieux de toutes sortes, sauf des hébergements. C’était comme écrire mon guide personnel. En fait, je peux juste donner ce livre si j’ai des amis qui viennent visiter Bangkok et je leur dirai « utilise ceci». Ce sont tous mes endroits préférés réunis dans un livre. Mais je doute que beaucoup de gens achètent ce guide, j’espère qu’ils le feront.

Pensez-vous personnellement que les guides imprimés sont toujours utiles ?

Pour la plupart des choses, il est préférable d’avoir une application ou un bon site internet tenu régulièrement à jour, que les gens puissent utiliser tout le temps ou juste télécharger quelques chapitres du Lonely Planet. Je l’ai fait lorsque je suis allé au Maroc. Le problème avec internet est la saturation de l’information, comme Tripadvisor, il faut faire confiance aux avis des autres et peut-être qu’ils ont juste écrit des conneries sur les lieux, ce n’est donc pas fiable. Pour préparer mes voyages, je peux passer des heures et des heures à faire des recherches, les guides de voyage font donc gagner du temps. Pour moi, le meilleur site sur l’Asie du Sud-Est est Travelfish. com, ils battent Lonely Planet. C’est plus personnel, plus fiable, car ce ne sont que quelques personnes, elles ont toujours visité la destination, ce sont des experts. Quand vous voyagez, vous devez faire confiance aux gens, car ils ont exploré les régions. Certains guides de voyage ne travaillent pas avec des experts, vous ne pouvez donc pas leur faire confiance.

Gardez-vous des endroits secrets ?

Parfois… Je me demande toujours si les gens finiraient par trouver l’endroit et quel pourrait être l’impact du tourisme. Si je sens qu’un afflux important de touristes pourraient foutre la merde à un endroit, je préfère le passer sous silence, alors je n’écris pas, je l’ai fait quelques fois. Je pense également aux gens, au village, aimeraient-ils avoir plus de tourisme ? Ont-ils besoin de ce revenu ? J’ai pensé à garder Pai secret. La première fois que je suis allé là-bas, c’était extraordinaire, maintenant, c’est assez bondé, j’ai donc failli ne pas écrire dessus, mais les gens étaient très pauvres alors j’ai pensé que cela pourrait être bon pour eux. Et pour certains endroits, j’ai beaucoup écrit, comme à propos de Phimai, c’est incroyable là-bas et toujours peu de gens y vont parce que c’est un lieu culturel et les guides de voyage n’ont aucun impact ; les gens ne sont pas très intéressés par la culture, ils veulent aller à la plage, faire la fête à Bangkok, Phuket ou Pattaya…

Combien de livres avez-vous écrits ?

35, quelque chose comme ça, je n’ai jamais vraiment compté. Il y a deux livres dont je suis vraiment fier : Les Stupas bouddhistes en Asie : la forme de la perfection et Tatouages sacrés de Thaïlande. Pour ces livres, j’ai fait de vraies recherches, collecté l’information, vu comment fonctionnait théoriquement le système… Pour les tatouages, il n’y avait quasiment rien d’écrit en anglais, je ne pouvais pas trouver l’information que je voulais. Les Thaïlandais ne comprennent pas non plus ces tatouages, c’est beaucoup de magie, il n’y avait pas d’étude anthropologique sur le sujet et j’ai dû tout faire.

Combien de Sak Yant (tatouages sacrés) avez-vous ?

Juste 3, deux petits et un plus grand entre mes épaules. J’essaye d’en rester là, mais c’est tellement tentant ! J’ai fait le premier quand j’ai fini le livre, comme un épilogue et aussi parce que beaucoup de mes amis thaïlandais ont dit : « N’as-tu pas peur de toucher à la magie noire ? » Quand je l’ai raconté à Ajarn Gop, il a dit : « Je ne m’inquiète pas vraiment pour ça, mais je t’ai vu au début et tu ne comprenais pas vraiment le système, parfois je pense que tu as pu offenser certains maîtres, tu devrais te faire un tatouage pour te faire pardonner. »

Votre prochain projet ?

Je viens de terminer le livre de cuisine pour Baan Pad Thai et je travaille sur un autre à propos de la culture culinaire dans 15 pays. Je suis déjà allé au Portugal, au Maroc, au Mozambique, en Chine, au Vietnam… encore quelques pays à faire, puis en janvier, il faudra écrire, je ne quitterai plus ma maison pendant quelques mois !

http://www.joecummings.com/

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