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Latitudes Magazine | Château Branaire Ducru, noblesse de robe

VIGNOBLE 

Château Branaire Ducru,

noblesse de robe

Yves Liger

29 Décembre 2017

La dégustation de très grands vins représente un voyage extraordinaire dans un monde sensoriel, une excitante quête d’émotions gustatives et olfactives, aussi déterminante que celle de l’âme sœur. Parmi les fleurons de l’appellation Saint-Julien, le Château Branaire Ducru fait partie du club très fermé des bordeaux grands crus classés permettant de toucher ce Graal. 

Paré d’une robe pourpre soutenue et doté d’une palette aromatique séduisante, le Château Branaire exhale selon les années des dominantes de fruits rouges ou noirs comme le cassis, très présent sur le sublime 2010, ainsi que des touches subtiles de chocolat ou d’épices, voire de rose et de vanille pour le 2009. Sa souplesse impressionnante, le velouté de sa texture, ses tanins soyeux et son équilibre sont régulièrement loués par la critique qui lui attribue des notes de plus en plus élevées.

Vin de cœur de certains grands collectionneurs, il a même reçu un hommage de l’auteur britannique Roald Dahl dans sa nouvelle Le Connaisseur. Latitudes a rencontré François-Xavier Maroteaux, président de l’appellation Saint-Julien, pour comprendre comment, avec son père Patrick, ils sont parvenus à hisser ce superbe vin parmi les meilleurs du terroir.

Quelle est en matière de terroir la spécificité de l’appellation Saint-Julien et quelles sont les caractéristiques qui font l’identité de Branaire en particulier ?

On dit souvent que Saint-Julien est un mix entre l’élégance de Margaux et la structure de Pauillac. Je le crois sincèrement. Géographiquement nous nous situons entre les deux et ça procure un bel équilibre. Dans notre cas, je pense que notre particularité tient à la diversité de nos parcelles. Saint-Julien comprend une quinzaine de terroirs différents et nous sommes présents sur leur globalité. Du coup, on nous dit souvent que notre vin constitue un bon exemple de ce qu’est Saint-Julien, de l’idée qu’on s’en fait. Peut-être qu’une partie de la réponse est là. Le plus important chez nous reste de continuer à apprendre de nos parcelles, de les travailler sans distinction de savoir lesquelles donneront du premier ou du second vin. Ce n’est qu’à la dégustation que nous prenons la décision, quand d’autres châteaux déterminent à l’avance ce qui servira à l’un ou l’autre.

Combien d’années en cave vous semblent idéales pour boire Branaire, dont on dit qu’il est un vin de longue, voire très longue garde, à son apogée ?

Pour les grands millésimes une dizaine d’années minimum, sachant que leur potentiel ne diminuera pas avec des années supplémentaires, bien au contraire. Une fois carafé, on peut très bien boire dès à présent du 2010, si l’on préfère des vins encore jeunes. Les millésimes intermédiaires révèlent eux pleinement leur potentiel au bout d’une dizaine d’années. Mais tout reste question d’appréciation personnelle. Certains vont se délecter de vins âgés de 20 ou 25 ans quand d’autres n’y prendront pas de plaisir particulier. Ce qui est sûr, c’est que nous essayons de faire des vins accessibles dès la jeunesse, tout en montrant du potentiel pour le vieillissement.

Votre famille est à la tête de Branaire depuis bientôt 30 ans. Quelle était alors sa situation et qu’avez-vous dû modifier ?

Il appartenait à une famille déjà propriétaire du Château Giscours et n’en était pas la priorité. Nous savions que le vignoble est magnifique, que les grands millésimes étaient de qualité, mais que pour les plus compliqués, Branaire n’était pas réputé pour sa régularité. Notre challenge a été d’appréhender ce terroir pour bien le connaître. Ça nous a permis de découvrir avec le temps que certaines choses n’allaient pas, comme certains porte-greffes, ou que des parcelles étaient plantés en cabernet sauvignon alors que du merlot aurait mieux convenu. Nous avons ajouté davantage de petit verdot sur celles possédant le potentiel pour ce cépage compliqué qui nécessite de se situer sur les meilleurs terroirs. Alors que nous l’utilisons désormais à 100 % dans l’assemblage, il nous permet d’obtenir des résultats merveilleux sur les grands millésimes, comme ces trois dernières années. Il nous a ensuite fallu construire un chai à barriques et un cuvier dignes de ce nom. Ce dernier en particulier, très moderne pour l’époque, utilise naturellement la gravité et nous savons que cette méthode sans pompage pour l’extraction permet de préserver tout le fruit. Ce qui notamment chez nous est très important, vu que notre philosophie s’appuie sur le principe des trois f : fruit, fraîcheur et finesse.

Enfin, nous avons dû nous atteler à la commercialisation. Les anciens détenteurs avaient accordé une exclusivité à l’enseigne Nicolas qui distribuait la quasi-totalité de la production sur le territoire national. Il nous a d’abord fallu acquérir la confiance du négoce qui ne connaissait pas autant nos vins que certains grands noms comme Talbot ou Gruaud Larose, pour construire un réseau d’exportation. Nous avons réussi depuis à bâtir notre réputation, fabriquer notre image et nous implanter dans le monde entier.

www.branaire.com
www.facebook.com/thewinemerchantbkk
Contact en Thailand: aman@insafcompany.com

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